Ces femmes-là – Ivy Pochoda

Par Raymond Pédoussaut

Date de publication originale : 2020 (These Women)
Date de publication française : 2023 – Éditions Globe
Traduction (américain) :
Adélaïde Pralon
Genre :
Roman noir
Personnages principaux :
Dorian, Feelia, Essie, Julianna, Marella et Anneke, femmes d’un quartier pauvre de Los Angeles

West Adams, était autrefois un quartier huppé de Los Angeles avant que la population noire ne soit autorisée à s’y installer et que les urbanistes n’aient pas hésité à couper le secteur en deux en y faisant passer la l’autoroute 10. Maintenant les habitants sont en majorité des noirs et des latinos, on y trouve des magasins bas de gamme et des restaurants à petits prix. Et des prostituées. Ces dernières restent hantées par le souvenir du meurtre de treize d’entre-elles, sans que personne n’ait été inquiété pour ça. Mais voilà que quinze après les assassinats reprennent de la même façon : gorge tranchée et sac de plastique sur la tête.

La période du récit va alternativement de 1999 à 2014. 1999 est la date où un tueur en série a commencé à faire ses premières victimes pour atteindre ensuite le total de treize, dans l’indifférence des autorités et de la police. C’est en 2014 qu’il a repris ses activités après une interruption de quinze ans. L’autrice nous raconte la vie dans ce quartier déshérité de Los Angeles à travers la vision de six femmes.
– Dorian tient un petit restaurant de poissons. C’est la mère de Lecia qui a été égorgée par le tueur en série qui s’en prenait aux prostituées. Pourtant Lecia n’était pas prostituée.
– Feelia est une ancienne prostituée qui a été attaquée par le tueur, mais elle s’en est sortie. Elle garde une impressionnante cicatrice au cou. Elle harcèle la police en affirmant qu’une femme l’espionne tout le temps. Bien sûr elle ne reçoit que des ricanements en retour.
– Essie est une policière latina, blonde (pas naturelle) de seulement 1,50 mètre. Sa petite taille et sa façon d’être lui valent le mépris et les railleries de ses collègues masculins, mais finalement c’est la seule à s’intéresser à cette série de tueries, la seule aussi à faire avancer l’enquête.
– Julianna est une prostituée jeune et attirante. Aussi libre qu’on peut l’être dans sa situation, elle est totalement incontrôlable. Elle a l’habitude de prendre des centaines de photos de rue et de la vie ordinaire.
– Anneke est une femme de devoir obsédée par l’ordre, la protection de la famille, l’entretien de la maison et la sauvegarde des apparences.
– Marella est la fille de Anneke, c’est une artiste qui fait des performances en utilisant des écrans et des ordinateurs. Elle a grandi loin de ses parents qu’elle connaît peu finalement.

Il n’y a que des femmes dans ce roman, les hommes sont absents et quand ils sont évoqués c’est sous forme de menace diffuse à cause de leurs besoins et de leurs exigences ou d’un danger bien réel quand il s’agit du tueur. L’autrice donne au passage une image peu flatteuse de la police, pas concernée par les meurtres de prostituées, noires de surcroît, et totalement incapable d’entendre le moindre témoignage venant de ces femmes-là.

Ces femmes-là est un roman d’ambiance très réaliste. C’est un bon roman noir, original par sa forme et par le point de vue choisi par l’autrice, celui des victimes.

Extrait :
– Il ne s’agit pas de résoudre des meurtres commis il y a plus de dix ans. Il s’agit de réparer une injustice.
Sa voix est forte, rageuse et ferme. Elle ébranle Anneke.
– Il s’agit de comprendre pourquoi l’assassin de nos filles a été en liberté pendant toutes ces années, pourquoi la police n’a rien fait à propos de la mort de nos filles. Pourquoi ils s’en fichaient. Pourquoi ils ont regardé ailleurs. Il s’agit de comprendre pourquoi la police pense que nos filles n’en valent pas la peine.
Dorian tient un poster montrant le visage de sa fille.
– Voilà pourquoi, dit-elle en désignant la joue de Lecia. Voilà pourquoi, crie-t-elle. À cause de sa couleur de peau.

Niveau de satisfaction :
4.2 out of 5 stars (4,2 / 5)

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2 réponses à Ces femmes-là – Ivy Pochoda

  1. Ingannmic dit :

    Tiens, je pensais que l’auteure était noire… je constate que non. J’ai déjà noté ce titre suite à des avis aussi enthousiastes que le tien.

    • Ray dit :

      Eh Oui ! Le thème et le contenu de ce roman laissent penser qu’Ivy Pochoda est noire. J’ai bien vérifié que je ne me trompais pas en choisissant sa photo, il n’y a pas de doute elle est blanche. Je vais nuancer ce que tu écris : mon avis sur ce livre est positif, je trouve que c’est un bon roman, mais je ne peux pas dire que je suis franchement enthousiaste.

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