Hyenae – Gilles Vincent

Par Raymond Pédoussaut

hyenaeDate de publication originale : 2009 (Éditions Timée) et 2015Vincent-Gilles (Éditions Jigal)
Genres : Enquête, thriller
Personnages principaux : Sébastien Touraine, détective privé – Aïcha Sadia, commissaire de police à Marseille – Théo Mathias, médecin légiste

La commissaire Aïcha Sadia et son équipe essaient de remonter la filière de création et de commercialisation d’un DVD montrant une exécution d’une jeune fille. C’est un de ces films clandestins où sont mis en scène de vraies meurtres et des tortures, un snuff movie. Sur la vidéo, les policiers reconnaissent la jeune Camille Carlotti, enlevée il y a quatre ans, jamais retrouvée. Le suspect interpellé préfère se suicider plutôt que de parler. Quatre ans plus tôt Sébastien Touraine enquêtait sur la disparition de cette adolescente. Quand sa fille, Hélène, a eu un « accident » de voiture où elle a périe brûlée et qu’ensuite il a trouvé un bidon d’essence accompagné d’un mot devant sa porte, il a compris que ses proches étaient menacés. Il a coupé tout contact avec ses parents et amis et s’est retiré à la campagne. L’enquête sur la disparition de Camille Carlotti étant relancée, la commissaire Aïcha Sadia décide de reprendre contact avec son ancien compagnon Sébastien Touraine. C’est lui qui était allé le plus loin dans l’enquête avant de tout lâcher. Sébastien sait que ce n’est pas la seule gamine à avoir été kidnappée. Il va accepter d’abandonner son exil et de reprendre ses recherches en collaboration avec Aïcha Sadia. Il ne se doute pas que ce qu’il va déclencher va être terrible.

Gilles Vincent accroche le lecteur dès le début pour ne plus le lâcher ensuite. Ce thriller est un habile page turner. L’intrigue bien élaborée permet de maintenir un suspense grandissant. Difficile de lâcher le livre. De ce fait le roman se lit rapidement. Il y a quelques scènes très dures où il faut s’accrocher. Le sujet en lui-même est difficilement supportable : l’enlèvement, la séquestration et le meurtre de jeunes filles. L’exécution est filmée et la vidéo est achetée très cher par des pervers du monde entier. Un autre thème vient se greffer dessus, celui de la vengeance. En fait c’est même le thème principal, mais c’est seulement au fil de la lecture que nous le découvrirons.

Le trio d’enquêteurs qui traque le ravisseur assassin est formé de deux policiers et d’un détective privé. Les liens qui les unissent ne sont pas uniquement professionnels, l’amour et l’amitié s’y rajoutent. Le méchant, c’est la Hyène, un psychopathe très dangereux, intelligent. C’est lui qui mène la danse. Les enquêteurs ne font que réagir à ses initiatives diaboliques. Il a une détermination sans faille au service d’un projet de longue durée. Ce n’est pas lui la proie, c’est le chasseur.

Si on veut chipoter, on pourrait relever quelques détails à la limite de la vraisemblance : un effacement total de la mémoire sur un événement précis mais primordial chez un des personnages principaux – l’intégration totale d’un détective privé au sein d’une équipe de la police nationale – Un médecin légiste qui accompagne systématiquement ses collègues sur le terrain, même s’il n’y a pas de cadavre. Des détails dont on ne tiendra pas rigueur à l’auteur. Ils sont monnaie courante dans les thrillers.

Les amateurs de thriller apprécieront ce roman où une bonne intrigue permet de maintenir un suspense de grande intensité dans une action au rythme soutenu. L’écriture facile et fluide participe à cette envie irrésistible de connaître la suite des événements, de tourner les pages … jusqu’à la fin.

A noter que ce roman, édité par Jigal, est une nouvelle version, réécrite et complétée par l’auteur, d’un premier roman paru en 2009 aux éditions Timée, sous le titre Sad Sunday. Chronologiquement il se situe avant Parjures.

Extrait : 
— La Hyène, c’est un spécialiste du genre. Un solitaire qui assume son business de A à Z. Enlèvements, séquestrations, viols, tortures, jusqu’à l’exécution filmée de ses victimes. Je peux vous dire que dans le Milieu, il est craint comme le diable. Faut dire que les petits malins qui ont essayé de monter un business parallèle pour faire chuter les prix, on les a tous retrouvés en puzzle. Les couilles dans la gorge et le corps brûlé à petit feu. Sans parler des morsures.
— Quelles morsures ? l’interrompt Aïcha Sadia.
— Ben quoi ! La hyène, c’est une des rares bestioles qui bouffent des cadavres. Vous êtes nuls en zoologie, ou quoi ?
— T’occupe pas de notre culture générale. Continue plutôt, siffle Touraine.
— Ben, souvent, la hyène, elle s’attaque à des animaux blessés qu’elle bouffe alors qu’ils ne sont pas encore crevés. Eh bien, les types qu’on a retrouvés, ils avaient des marques de morsures au ventre et aux jambes. Un pote légiste qui a pu voir un des cadavres m’a assuré que les morsures étaient d’origine humaine et qu’elles avaient été faites alors que les types étaient encore en vie. C’est pour ça qu’on l’appelle la Hyène.

 

Ma note : (4 / 5) Hyanae-amb

 

 

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