Vengeances – Bernhard Aichner

Par Raymond Pédoussaut

vengeancesDate de publication originale : 2014 (Totenfrau)Aichner
Date de publication française : 2016 aux Éditions L’Archipel
Genres : Thriller, enquête
Personnage principal : Brünhilde Blum, jeune femme chef d’entreprise de pompes funèbres

Brünhilde Blum détestait son prénom et ses parents adoptifs. Dorénavant elle se fait appeler Blum. Rien que Blum, pas Brünhilde. Son père était à la tête d’une entreprise familiale de pompes funèbres et depuis l’âge de 7 ans Blum devait préparer les morts. Après s’être débarrassé de son prénom, elle réussit, à 16 ans, à se défaire de ses parents en les laissant se noyer au pied du voilier familial. Elle est libre ! Mark est le premier arrivé pour la secourir quand, feignant un accident, Blum a lancé un appel de détresse. Huit ans plus tard Blum et Mark sont mariés et ont deux ravissantes petites filles. Mark est policier et Blum a repris et rénové l’entreprise de pompes funèbres de son père. Tout allait bien jusqu’à ce que Mark se fasse écraser par une grosse voiture noire qui prend la fuite. Un accident, c’est ce que tout le monde pense. Mais en fouillant dans les affaires de son défunt mari, Blum découvre un drôle de témoignage qu’une SDF a fait à Mark. Il est question d’abus sexuels et de sévices endurés dans une cave pendant cinq ans. Et si la mort de Mark n’était pas accidentelle ? Blum va reprendre à son compte l’enquête de son mari. Elle a ses propres méthodes d’investigation, pas classiques du tout mais diablement efficaces !

L’intrigue est conventionnelle : un accident qui n’en est pas un, une reprise d’enquête qui dévoile toute l’affaire. Mais ce qui est moins banal c’est le personnage principal : Blum, dont on se demande si c’est une vengeresse légitime ou une dangereuse psychopathe. Blum est en effet très contrastée : épouse douce et aimante, mère protectrice et attentionnée. Douce Blum ! Elle devient implacable et cruelle avec ses ennemis, capable aussi bien de les découper en morceaux comme un poulet rôti que les faire brûler, les réduisant en un petit tas de cendres. Terrible Blum ! Elle est parfois une faible femme qui hésite, qui a peur, mais quand elle se lance dans l’action, ses ennemis peuvent commencer à numéroter leurs abattis.

Le roman vire parfois au gore : description détaillée de la préparation des morts, des démembrements, des séances de torture … Des scènes dont on se serait facilement passé. Autre reproche, quelques invraisemblances : Blum enquêtrice amateur est beaucoup plus efficace que la police. En un temps record elle découvre les cinq tortionnaires. Il lui suffit d’un regard pour savoir si quelqu’un est coupable. Quand ce n’est pas le regard révélateur, c’est son intuition qui la guide et les preuves on s’en passe ! Un sacré avantage sur les méthodes désuètes de la police !

Quelques longueurs et facilités parsèment le roman : les personnages imaginent comment ça va se passer, puis on raconte comment ça se passe réellement. L’identité du dernier des cinq tortionnaires est assez téléphonée. Un lecteur un tant soit peu perspicace la devine bien avant la super enquêtrice Blum. Le rythme est celui du thriller. L’action et le suspense accrochent bien le lecteur. Si vous aimez la rigueur d’une enquête méticuleuse, il vous faudra chercher ailleurs votre bonheur. Par contre si vous rêvez de voir les salauds châtiés proportionnellement à l’abjection de leurs crimes, Blum, pendant féminin de Dexter, vous procurera ce plaisir.

Extrait : 
Ce qu’il dit et ne dit pas, le moindre mot de plus, rien de tout cela n’a de sens parce qu’il se taira, il préférera mourir plutôt que de parler. Blum le sait. Alors elle l’enflamme. Lentement et calmement, elle se penche vers lui, approche le briquet de ses vêtements et met le feu au prêtre comme si elle allumait une bougie, même si sa raison lui crie que c’est de la folie. Elle voit les flammes, les yeux écarquillés du prêtre qui hurle et l’insulte. Le loup essaie de la déchiqueter avec des mots. Jaunig brûle.

The Show Must Go On, à plein volume sur l’autoroute ; plein volume aussi dans le cercueil, derrière elle, jusqu’à ce que le petit cuistot de la télé comprenne que la voiture ne s’arrêtera pas, que ses cris sont inutiles.

Queen – The Show Must Go On

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Une voiture blanche, c’était de la pure provocation. Aux yeux de ses confrères, cela ne convenait pas à la mort. Le deuil a toujours été noir.

Ma note : (3,5 / 5)

 

 

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