Mörk – Ragnar Jónasson

Par Michel Dufour

Date de publication originale : 2015 (Nattblinda)
Date de publication française : 2017 (Ed. de la Martinière; Points)
Genres : Enquête, géographique
Personnage principal : Ari Thor, policier à Siglufjördur

La série des Ari Thor se passe à Siglufjördur, la petite ville (ou le gros village, environ 1500 habitants) la plus au nord de l’Islande. Mörk se passe quelques années après Snjor1 : Ari est maintenant âgé de 28 ans, est marié et a un enfant. Dans un genre de roman comme celui-ci, ces informations ne sont pas superflues parce que l’auteur passe pas mal de temps à décrire psychologiquement les principaux personnages. Jonasson s’attarde aussi à observer la vie quotidienne des habitants. Ces deux aspects rendent l’histoire intéressante et attachante, mais n’améliorent pas nécessairement la qualité de l’intrigue et la subtilité de l’enquêteur.

Le collègue de Thor, l’inspecteur Herjolfur, est abattu près d’une vieille maison abandonnée au beau milieu de la nuit. L’ancien chef d’Ari, l’inspecteur Tomas, mène l’enquête. Comme il connaît presque tout le monde, les affaires devraient marcher rapidement, en principe, d’autant plus que, si l’hypothèse d’un trafic de drogues est maintenue, le nombre de suspects sera plutôt mince. Mais il semble que la mairie soit impliquée, ce qui complique un peu les choses. Et puis, que viennent faire là-dedans les élucubrations d’un étrange malade dont le journal doit bien avoir un rapport avec l’ensemble de l’histoire ?

L’hiver approche, les jours raccourcissent, le temps pluvieux attaque le moral des enquêteurs. Puis, un nouveau cadavre pose des problèmes d’un autre ordre; à moins qu’il y ait un lien non évident. Ari se préoccupe de l’enquête sur les deux morts et ne rentre pas souvent chez lui; sa relation avec Kristin se détériore, surtout après qu’il eût reçu des photos qui pourraient être compromettantes. Et qui peut avoir intérêt à le troubler ainsi ?

La plupart des problèmes finiront par se régler grâce à la patience des policiers et à la mauvaise conscience des fautifs. Ari aura acquis beaucoup d’expérience mais aura perdu plus qu’il ne s’imagine encore.

Ce n’est pas le roman le plus excitant de l’année, même si c’est sympathique et bien écrit. Je dirais que c’est un polar d’ambiance de type géographique.

1 Cf. le compte rendu de Snjór en juin 2017.

 Extrait :
Il scruta le paysage qui l’entourait, la masse importante de la montagne dans laquelle le tunnel avait été creusé, la mer de l’autre côté. Il y avait juste assez de place pour cette maison au bord de la route, sur un terrain qui n’était rien d’autre qu’une décharge à ciel ouvert. Au-delà, un à-pic mortel jusqu’aux flots glacées de la mer du Nord. Dans la maison, aucune lumière. Aucun signe de son collègue. Il serra son blouson pour se protéger des bourrasques qui fouettaient frénétiquement la pluie et courut jusqu’à la maison. Il se demanda si quelqu’un l’entendrait s’il se mettait à crier. Et puis, ce ne fut pas nécessaire.
À quelques mètres de la maudite maison, un homme en uniforme de policier était étendu dans le gravier. Complètement immobile.

Niveau de satisfaction :
(3,5 / 5)

 

 

Partager sur les réseaux sociaux
Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail
Ce contenu a été publié dans Enquête, Moyen, avec comme mot(s)-clé(s) , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.