Seulement les morts – Markus Sakey

Date de publication originale : 2008 (At the City’s Edge)
Date de publication française : 2010 (le Cherche midi)
Genre : Thriller
Personnages principaux : Jason Palmer ancien combattant d’Irak et Helena Cruz officier de police à Chicago

Jason Palmer est de retour à Chicago après avoir participé à l’invasion de l’Irak avec les troupes américaines. Il essaie d’oublier la guerre en butinant de fille en fille. Un jour il est agressé par deux voyous qui en veulent à son frère Michael. Peu de temps après celui-ci périt dans l’incendie criminel de son bar lui laissant son fils Billy sur les bras. La police attribue l’accident à des représailles des gangs contre un habitant du quartier, sans investiguer davantage. Jason lui est persuadé que son frère était impliqué dans quelque chose d’important, d’autant que le petit Billy est à son tour visé par des tueurs.

Helena Cruz est officier de Police. Elle a été mise sur la touche à cause d’une sombre histoire de coucherie avec un supérieur. Elle est maintenant reléguée à une tâche administrative inintéressante : maintenir une base de données. Elle connaissait la victime de l’incendie qui collaborait avec la police pour lutter contre les gangs de son quartier. Elle n’est pas officiellement en charge de l’enquête, mais est intéressée. Elle s’implique encore davantage après qu’un informateur anonyme lui ait communiqué des indices pour découvrir l’identité des tueurs.

Jason et Helena vont se rapprocher (et être on ne peut plus près) pour essayer de tirer au clair cette affaire et protéger Billy.

L’écriture est simple, efficace, sans particularité stylistique. Côté personnages, je dois avouer ne pas avoir particulièrement apprécié le héros principal Jason Palmer à cause du manque de cohérence de son portrait psychologique : comment avaler que ce looser revenant d’Irak en quasi dépression se transforme en un tour de main en combattant téméraire ? Ce type, même en civil reste un soldat nostalgique de l’armée qu’il a pourtant quitté de façon piteuse. Il est satisfait de retrouver, dans sa bataille contre les méchants, une atmosphère de guerre Et puis Sakey m’a bassiné avec sa fascination du soldat, comme si seulement un militaire pouvait avoir sens de l’honneur et rigueur morale. Il n’a pas dû regarder les images, en provenance de l’Irak justement, montrant les exactions commises là bas par les militaires américains. Helena Cruz, elle, a du mordant, elle a une revanche à prendre, elle veut regagner sa place comme policier de terrain.

Vous l’aurez compris, l’intérêt du livre ne réside pas dans la qualité du style ni celle des personnages mais dans l’action et dans la montée du suspense. De ce côté-là c’est réussi. Après un début assez lent, l’action s’emballe, les péripéties se succèdent. On est pris dans un tourbillon de rebondissements qui s’enchaînent à rythme élevé.

Avec ce roman, Markus Sakey nous livre un bon thriller classique avec tous les codes du genre : les policiers corrompus, les politiciens véreux, l’inévitable histoire d’amour et les chevaliers blancs qui, seuls contre tous, vont faire éclater la vérité et rendre la justice. De l’ultra classique donc, avec les bons ingrédients et parfaitement réalisé. On peut s’en contenter si on veut passer un bon moment avec un livre distrayant. Les plus exigeants resteront sur leur faim. Parmi eux tous ceux qui aiment trouver dans un bouquin des personnages psychologiquement bien campés, une écriture travaillée, la critique des travers de la société, des ambiances bien crées, de l’humour, de la fantaisie … et tout ce qui peut faire qu’un bon polar soit davantage qu’un scénario pour film hollywoodien.

 Ma note :  3,5 / 5

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