Ne reste que la violence – Malcolm Mackay

Par Raymond Pédoussaut

nerestequelaviolenceDate de publication originale : 2014 (The Sudden Arrival ofMackay Violence)
Date de publication française : 2014 (Liana Levi)
Genres : Policier, mafia
Personnage principal : Calum MacLean, tueur professionnel à Glasgow

 Calum Maclean est première gâchette dans l’organisation mafieuse d’un caïd de Glasgow. Après une dernière élimination dont il s’acquitte sans le moindre état d’âme mais avec beaucoup de soin, il décide d’arrêter ce job. Il n’a plus la foi. Mais on ne quitte pas l’équipe du plus puissant mafieux de la région comme on donnerait sa démission dans une entreprise. Non ! Il faut préparer son coup de façon à disparaître complètement de la circulation et vivre sous une nouvelle identité, loin si possible. Car un tueur qui quitte ses employeurs représente un danger pour eux, il sait trop de choses, il pourrait parler. Calum sait tout cela, il a planifié son départ méticuleusement. Il a besoin de l’aide de son frère qui traficote des voitures dans un garage. Malgré une minutieuse préparation pour disparaître en douce, les évènements ne se déroulent pas comme prévu. Calum va être contraint de changer de tactique.

L’histoire se déroule dans le milieu de grand banditisme. Mackay nous montre, de l’intérieur, le fonctionnement des organisations mafieuses. On est frappé de constater à quel point les caïds réfléchissent et pensent en hommes d’affaires. Ils élaborent des stratégies pour prendre des parts de marché à leurs concurrents, ils planifient la croissance de leur business comme n’importe quel capitaine d’industrie. Seules les méthodes changent, parfois ils sont amenés à utiliser des arguments très convaincants et définitifs. Ils ont des hommes pour cela. Eux se tiennent à l’abri derrière leur bureau. Aucune preuve ne peut être apportée contre eux. C’est comme cela que tout se passe en temps normal, mais parfois il y a dérapage, alors il faut de la maîtrise, du sang froid et de l’intelligence pour se sortir de ce genre de situation. Finalement, dans ce métier, on mérite bien l’argent que l’on gagne malhonnêtement ! Mackay réussit à mettre tout cela parfaitement en évidence. Ce roman sur les mafieux montre que les chefs du grand banditisme, ne sont pas des psychopathes qui tuent par plaisir, mais seulement quand c’est nécessaire pour le bien de leurs affaires. Ce sont des stratèges d’un capitalisme sauvage, à peine un peu plus sauvage que le capitalisme que nous connaissons. Le grain de sable qui vient enrailler la belle mécanique, c’est l’homme quand il décide de ne plus rester à la place qui lui est attribuée dans l’organisation.

Peu d’action en définitive dans ce roman consacré à la mafia. Rien de spectaculaire. Pas de règlement de comptes sanglants. Il est surtout montré la façon dont les mafieux élaborent des stratégies, tirent des ficelles, montent des coups. Le style est direct et efficace, fait de phrases courtes, il sert bien les propos de l’auteur qui décortique le fonctionnement des structures mafieuses. On est dans la tête des mafieux.

Ne reste que la violence est le troisième volet de la trilogie écossaise du tueur Calum Maclean. Sans avoir lu les romans précédents, j’ai parfaitement situé les personnages et suivi l’intrigue. Cependant j’admets qu’il est préférable de lire tous les ouvrages dans l’ordre pour apprécier l’évolution des situations et des personnages. Comme de plus en plus nous rencontrons ce genre de romans multi-volumes, quand j’attaque un recueil, je ne me sens pas tenu de lire tous les tomes composant la suite. En principe chaque roman est suffisamment indépendant des autres pour permettre une lecture isolée sans problème. C’est bien le cas ici.

Extrait :
Ces idées ont tourné dans la tête de Calum toute la journée. Pas de place disponible ce soir. Trop tard pour prendre un vol de l’après-midi. Il n’arriverait pas à Édimbourg à temps. Il réserve sur un vol le lendemain matin. Puis il réfléchit à ce qui l’attend. Quel travail fera-t-il? N’importe quoi qui paie, probablement. Il n’est pas précisément écrasé par les dilemmes moraux quant à la manière de se faire de l’argent. Non, arrête ça tout de suite. Reste à l’écart du banditisme. C’est de l’argent facile, mais aussi une pente savonneuse. Si tu y mets les pieds tu te retrouveras vite à la case départ. Tu recommenceras à tuer, à te faire des ennemis et à vivre dans l’isolement. Ton but est de sortir de là. Ce sera un travail légal. De l’argent légal. Tu pourras avoir tout ce que ton ancienne vie t’a refusé. Tu pourras rencontrer qui tu voudras. Avoir une vie sociale. Une liaison qui mène quelque part. Accroche-toi à cette ambition. Supporte l’ennui des journées de travail régulier. Encaisse la monotonie d’un emploi abêtissant, n’écoute pas l’amateur de sensations fortes qui est en toi. Ni le cossard qui ne veut travailler que quelques jours sur plusieurs mois. Ni le perfectionniste qui ne veut faire que ce qu’il fait bien. Concentre-toi sur la recherche d’une vie normale ; ne laisse rien te faire dévier de ta route.

Ma note : (4 / 5) neresteque laviolence-amb

 

 

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