Le garçon qui ne parlait pas – Donna Leon

Par Michel Dufour

legarconDate de publication originale : 2015 (The Golden Egg)leon
Date de publication française : 2015 (Calmann-Lévy)
Genre : Enquête
Personnage principal : Commissaire Brunetti

Depuis quelque temps déjà, les romans de Donna Leon ont perdu leur charme : les énigmes sont moins mystérieuses, les relations familiales plus répétitives, le travail de bureau moins intéressant malgré la pétillante signorina Elettra, et Venise nous apparaît moins flamboyante malgré la série télévisée qui parvient à nous éblouir à chaque émission. Leon ne raconte plus de belles et ingénieuses histoires, elle défend maintenant des causes.

Dans ce cas-ci, c’est la cause de l’apprentissage du langage. Un jeune homme sourd, muet et peut-être handicapé mental, meurt d’une overdose de somnifères : accident, suicide ou homicide ? Paola et Guido Brunetti l’avaient souvent vu parce qu’il semblait faire de menus travaux chez le nettoyeur à qui ils confiaient leurs vêtements. Paola persuade Guido qu’il doit essayer de comprendre ce qui s’est produit. Entretemps, Patta lui confie une enquête, une requête plutôt, dont l’objectif est d’assurer le maire qu’il n’aura pas de problème avec les magouilles de sa future bru. Brunetti règle ça entre deux cafés et revient à la mort de Davide. L’essentiel de l’enquête sur Davide consiste à l’identifier parce qu’il n’a aucun papier et que les registres n’en contiennent pas non plus. Brunetti tourne en rond, réinterroge les mêmes personnes, et finit par tomber sur la famille Lembo qui semble liée à la mort de Davide.

On marche beaucoup, on emprunte le vaporetto, on parle beaucoup aussi. On retourne voir les suspects. On peut enfin formuler quelques hypothèses. Bref, une histoire de famille tarabiscotée qui ne m’a pas beaucoup intéressé, sans véritable suspense, sans relief, sans grandes émotions.

Extrait : 
Une fois la porte refermée, la seconde cliente assena : « Dieu seul sait si sa mère est en train de souffrir, je dirais. » Elle était plutôt dodue, avec un visage rond et de bonnes joues rouges : dans un conte de fées, elle serait la bonne grand-mère.
– Comme si elle n’avait pas entendu la remarque, la propriétaire s’informa : « C’était un tailleur en soie verte, n’est-ce pas ? Et la veste marron de votre mari ? »
– La femme accepta de passer à cet autre sujet et demanda : « Comment faites-vous, signora ? Comment faites-vous pour vous souvenir de tout ? Je vous les ai apportés en avril.
− J’aime ce tailleur, expliqua-t-elle. Et il y a longtemps que votre mari porte cette veste ». Avant que sa cliente n’y voie un coup de griffe, elle précisa : « On ne voit plus une telle qualité de nos jours : elle lui fera bien encore dix ans ». Elle alla chercher les vêtements suspendus sur les tringles à l’arrière du magasin. La cliente sourit, posa son reçu rose sur le comptoir et ouvrit son porte-monnaie. La propriétaire revint, plia le tailleur et la veste, les enveloppa dans du papier bleu clair et tapota le paquet pour bien le fermer. Elle prit l’argent de la femme et, après un échange de politesses, la femme s’en alla.
– Sa réflexion continua à flotter dans l’air après son départ. Avant que Brunetti ne prenne la parole, le rideau s’ouvrit complètement et Renata, dont il avait appris le nom quelques heures plut tôt, fit son apparition.
– Elle hocha la tête en direction de Brunetti mais s’adressa à sa collègue. « Je l’ai entendue. Comment est-ce qu’elle peut dire une chose pareille ? Le pauvre garçon n’est pas encore enterré qu’elle parle de cette manière de sa mère. Elle ne mérite pas ça.
− Les gens ont toujours parlé d’elle de cette façon, répliqua sa collègue, d’un ton profondément résigné. Mais avec la mort de son fils, on aurait pu espérer que ça s’arrête ».

Ma note : (3 / 5) legarcon-amb

 

 

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