Par Michel Dufour

Date de publication originale : 2025 (Éd. Ray Ogust)
Genre : Enquête
Personnage principal : Onésime Gagnon, détective
C’est la quatrième enquête d’Onésime Gagnon que nous livre Monique Le Maner. J’ai déjà rendu compte de L’Ankou (Sang d’Encre Polars, avril 2022). Le Maner écrit pour le plaisir, le sien et le nôtre. On fréquente avec un sourire son vieux détective malendurant Onésime Gagnon, maintenant retraité et vivant à la résidence de L’Âge joyeux (Rouyn-Noranda), mais toujours attiré par les événements mystérieux qui stimulent ses cellules grises. L’histoire est vraiment centrée sur lui, ce qui n’empêche pas une intrigue bizarre de se développer. Le lecteur se doute bien qu’il va finir par l’éclaircir, quitte à être favorisé par le hasard, mais ça n’ira pas tout seul et Onésime risque d’y laisser la peau.
Un premier problème : son ami, le sergent-détective Turgeon, est disparu sans laisser de traces. C’est son seul ami, parce qu’il est le seul à admirer son intelligence et à ne pas le prendre pour un vieux schnock. Turgeon serait bien utile pour l’aider à régler le mystère qui est au centre du récit : quelques pendus qu’on découvre jour après jour dans une maison délabrée du rang 3. Meurtres ou suicides ? Peut-être un tueur en série… Rien d’évident. Et pourquoi Betty Duval poursuit-elle Onésime de ses assiduités ? Comment se fait-il que son neveu, Ronald Aubin, soit au courant de plusieurs informations importantes? Quel intérêt a le jeune Éric Bouchard à toujours mentir ?
Les morts se multiplient et Onésime, cherchant à en apprendre davantage sur la gang de voyous de Val-d’Or, se fait tabasser à son tour. Turgeon, heureusement de retour, s’occupe de lui. Les deux amis finissent par comprendre la raison de tous ces meurtres. Mais, quelque temps après, ébranlé par les assassinats de certaines personnes qui lui manquaient cruellement, Onésime se souvient de ce que lui disait sa marraine : « Il faut aimer pour être aimé ». Il accepta donc un rendez-vous qui allait changer son attitude et son avenir.
Même si on nage parmi les cadavres, le récit demeure assez léger à cause du personnage d’Onésime, trop misanthrope pour être vrai. Il finit d’ailleurs par ressentir que cette attitude, héritée d’un passé douloureux, est probablement empruntée pour se protéger. Une dame parviendra même à « faire épanouir sur ses lèvres un vrai sourire, le premier en 74 ans et 7 mois ».
Extrait :
Deux pendus, deux vieux plutôt misérables : un quêteux qui ne mendierait plus et un prospecteur qui ne trouverait jamais d’or (…) Sans oublier les autres personnages qui cachaient tous quelque chose : Ronald Aubin, qui disait avoir vu une jeune femme au 49 du rang 3, toujours sur ses talons, l’aidant, le renseignant, le questionnant … pourquoi l’enquête le passionnait-elle autant ? Et Éric Bouchard, le petit-fils de Balthazar, sa peur, ses mensonges. Enfin, Dame Betty, qui avait peut-être ses zones d’ombre elle aussi, et le Francis Côté du poste de police, plus complexe qu’il n’y paraissait …

Fontaine lumineuse de Rouyn-Noranda
Niveau de satisfaction :
(4 / 5)


2025









