Par Michel Dufour

Date de publication originale : 2024 (Flammarion)
Genres : Enquête, thriller
Personnage principal : Kornelius Jakobsson
Après avoir passé quelques dures semaines dans le Grand Nord canadien (cf. Ravage), nous voici plongés en Atlantique nord, entre l’Islande et le Groenland.
En 1995, un pilote d’avion et son passager (menotte au poignet qui retient une mallette) affrontent une violente tempête qui les contraint à s’échouer sur les bords d’une profonde crevasse.
En 2002, un professeur et son guide, encordés l’un à l’autre, cherchent à lire dans la glace l’histoire des éruptions de l’Hekla, le volcan le plus actif d’Islande. Dans une crevasse, ils découvrent un corps congelé qui tient une mallette.
Plus tard, dans une lagune près des glaciers, un père et son fils dans une barque observent le jeu amusant des phoques jusqu’à ce qu’une terrible vague imprévisible ébranle d’énormes glaciers dont des blocs se brisent et s’écrasent dans l’eau, entraînant le chavirage de la barque. C’est sur cet incident que va enquêter le jeune inspecteur Ari Eiriksson. Et, comme par hasard, l’ex-flic Kornelius Jakobsson a été témoin du naufrage.
Pendant ce temps, un hélicoptère des forces spéciales arraisonne un chalutier en fuite et arrête deux pêcheurs soupçonnés d’avoir violé et tué la jeune Anika qui n’avait que 15 ans.
C’est dans cette apparente confusion que débute le récit de Manook, qui finira par nous entraîner dans le conflit qui implique aujourd’hui les États-Unis, le Danemark et le Groenland. L’auteur adore jouer avec son lecteur. De la même façon, ses chapitres commencent souvent dans le feu de l’action et ça prend un certain temps avant qu’on puisse identifier le il ou le elle dont il parle. Manook s’amuse aussi beaucoup avec le langage : son style est époustouflant, notamment quand il décrit les cieux et la mer en pleine tempête, de même que les paysages animés par le vent, les oiseaux, la pluie.
Le jeu principal c’est évidemment la manière d’emboîter toutes les pièces du puzzle (et il y en a plusieurs). Le lecteur travaille fort, mais il est aidé par la fréquentation de plusieurs personnages intéressants développés avec une précision d’orfèvre par l’auteur.
Bref, c’est un roman qui m’a captivé d’un bout à l’autre, malgré une petite réserve pour la finale qui rappelle brutalement que tout ça était arrangé avec le gars des vues.
Extrait :
Il est bien le Kornelius Jakobsson obstiné et têtu qui s’échine jour après jour à saborder sa vie professionnelle autant que personnelle. L’enquête est close à Reykjavik, étouffée sous un édredon avec le commissaire national, le ministre de la Police et même la Première ministre assis dessus pour être certains que plus rien n’en transpire. Qu’est-ce qu’il est venu risquer sa vie au royaume du Danemark, aussi pourri que sa république islandaise ?

Glacier du Groenland
Niveau de satisfaction :
(4,4 / 5)


2025








