Une assemblée de chacals – S. Craig Zahler

Par Raymond Pédoussaut

Date de publication originale : 2010
(
A Congregation of Jackals)
Date de publication française : 2017 – Gallmeister
Genre : Western
Personnages principaux : Oswell et Godfrey Danford, Richard Sterling dit Dicky et Jim Lingham, ex membres du gang du grand boxeur

Quand Oswell Danford reçoit un télégramme en provenance du Montana pour l’inviter au mariage de son ami Jim Lingham, son sang se fige. Pas parce que son ami se marie mais parce qu’il précise : Toutes les vieilles connaissances seront présentes. Son frère Godfrey et Richard Sterling à New York reçoivent la même invitation. Ils savent tous ce que ça signifie : leur passé de braqueurs de banque et de criminels va refaire surface. Et surtout va réapparaître quelqu’un qu’ils pensaient et souhaitaient mort, un ancien complice : le terrible Quinlan. Entre eux et Quinlan il y a des comptes à régler. Les trois hommes ne peuvent pas reculer, ils partent pour le Montana pour assister au mariage de leur ami. Un mariage qui se présenterait fort bien si Quinlan n’avait décidé de s’inviter à la fête. Effectivement tout commence bien mais la suite sera plus agitée. Ce sera un mariage explosif. Un souvenir inoubliable pour la mariée !

Des hommes qui ont eu une jeunesse criminelle mais qui se sont rangés voient leur passé les rattraper. L’action se déroule en 1888 dans la ville de Trailspur au Montana. L’auteur met en place une belle brochette de personnages, tous prompts à jouer de la gâchette. Il y a les membres du gang du grand boxeur avec les frères Danford, Oswell et Godfrey, qui sont devenus fermiers et ont fondé une famille. Leur coéquipier Dicky s’est établi à New York. C’est le beau gosse qui multiplie les conquêtes féminines mais qui finalement est frustré de ne pas avoir de descendance. Et il y a Jim, le futur marié, un géant débonnaire qui se prépare a épouser la belle Beatrice, fille du shérif. Côté représentants de la loi, on trouve le shérif T.W. Jeffries, le père de la mariée, homme vieillissant, aux articulations qui coincent mais qui garde l’autorité et se montre aussi sans pitié. Son adjoint, Goodstead, est un Texan efficace au visage sans expression mais doté d’un humour caustique. Et enfin les méchants sont vraiment horribles, notamment leur chef, le redouté Quilan, un estropié sadique sans cœur ni âme, mais malin, avec un grand sens stratégique. Les jumeaux, dont un est mué et l’autre bavard, sont de redoutables hommes de main, mauvais comme des teignes. Un petit Français, cruel et pervers et un drôle de pasteur complètent le tableau de cette bande de dégénérés, psychopathes, complètement cinglés et très dangereux. Quand tous ces gens vont se retrouver face à face, les balles vont voler bas et les dégâts collatéraux seront considérables.

Dans ce western violent et sanglant l’auteur n’y va pas de main morte en ce qui concerne les affrontements et les batailles. C’est d’une grande violence, avec force détails. Âmes sensibles s’abstenir. On pourrait reprocher à l’auteur une certaine complaisance dans les horreurs et les atrocités. Cependant un humour réjouissant, surtout dans les dialogues, compense un peu l’âpreté de l’ensemble. L’écriture cinématographique évoque parfois les westerns spaghettis, parfois les westerns plus durs tels que La horde sauvage de Sam Peckinpah.

Le titre du roman, une assemblée de chacals, correspond bien au contenu de ce western noir et violent qui peut heurter par sa sauvagerie ceux qui supportent mal les bains de sang mais qui accroche bien le lecteur en ménageant jusqu’au bout tension et suspense.

Extrait :
— Deux choses se déroulent ici. La première est la seule qui vous concerne directement. On vous vole, moi et ma bande, pas ceux du Gang du grand boxeur qui faisaient ce genre de choses mais qui maintenant vont à l’église et ont des familles. Voilà comment on va procéder. L’église est divisée en deux moitiés. Voilà la partie un. (Il pointa son pistolet à sa gauche.) Et voilà la partie deux. (Il montra les bancs à sa droite.) J’allais utiliser les termes droite et gauche, mais ça pourrait vous embrouiller de savoir si c’est ma gauche ou la vôtre, et je veux que tout soit bien clair.
— La partie un (il pointa à nouveau son pistolet) quitte l’église. Vous allez chez vous et vous prenez vos objets de valeur. Tous les trucs qui valent quelque chose. On veut de l’or, on veut de l’argent, on veut des bijoux, on veut des montres, on veut des billets. Ramenez tout ici.
Si quelqu’un de la partie un ne revient pas, on exécute quelqu’un de la partie deux. Si dix personnes de la partie un s’enfuient, on exécute dix personnes de la partie deux. James. Oswell. Vais-je mettre à exécution cette menace ?
— Ouais, dit Jim.
— Avec délectation, fit remarquer le rancher.

Niveau de satisfaction :
(4 / 5)

 

 

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3 réponses à Une assemblée de chacals – S. Craig Zahler

  1. Ingannmic dit :

    Je viens de terminer Exécutions à Victory de cet auteur, et j’aurais pu écrire sensiblement la même critique, sur la violence insufflée à l’intrigue, le fait que l’auteur n’y va pas de main morte (les cadavres pleuvent), mais aussi sur l’humour, du tac au tac, qui contrebalance cette dimension sanglante…

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