Le monde à l’endroit – Ron Rash

Par Raymond Pédoussaut

Date de publication originale : The World Made Staight (2006)
Date de publication française : 2012 (Éditions du Seuil)
Genres : roman initiatique – roman noir.
Personnages principaux : Travis Shelton, jeune homme de 17 ans – Leonard Shuler, ancien professeur devenu dealer.

Travis shelton, jeune homme de 17 ans, découvre par hasard, au cours d’une parie de pêche, un champ de cannabis qui appartient aux redoutables Toomey, père et fils. Voyant immédiatement l’intérêt de sa découverte, il coupe quelques plans qu’il va vendre à Léonard, un ancien professeur reconverti en dealer. C’est là un moyen beaucoup plus facile de gagner de l’argent que de s’échiner à cultiver le tabac avec son père, agriculteur buté et intransigeant. Travis décide donc de renouveler l’opération de récolte sauvage. A la troisième tentative il se faut piéger, au sens propre : pris dans un piège à ours posé par les Toomey. Le plus tranquillement du monde le père Toomey lui sectionne, au couteau, le tendon d’Achille, façon pour lui de donner une leçon. Plus tard Travis décide de voler de ses propres ailes, il quitte la ferme de son père pour s’installer dans le mobil home de Leonard qui recueille aussi Dena, une jeune toxicomane. Là il va découvrir les livres et l’histoire de ses ancêtres victimes d’un massacre pendant la guerre de Sécession.

Les Éditions du Seuil ont positionné ce livre en littérature générale (ou blanche) à raison, ce roman n’est pas vraiment un polar, peut être pourrait-on lui coller l’étiquette roman noir ? Bien qu’on s’en foute un peu des étiquettes, c’est juste pour donner une idée. C’est le parcours initiatique d’un garçon et son passage à l’âge adulte. L’intrigue elle-même n’est pas d’une grande originalité : un jeune homme, un peu crâneur, penche vers la délinquance, il est sauvé par l’éducation et l’influence d’un professeur. On a déjà vu ou lu cela moult fois. Mais ce qui fait l’originalité de ce roman c’est le ton à la fois lyrique et mélancolique. Et aussi la façon dont Ron Rash sait parler de la nature et rendre sa beauté et sa rudesse. Il arrive à créer une ambiance assez particulière qui rappelle un peu son premier livre Un pied au paradis. Les vrais amateurs de polars pourront trouver que le livre souffre d’un déficit d’action. Je dois avouer que ce troisième roman ne provoque pas, chez moi, autant d’enthousiasme que les deux précédents (chronologiquement Le Monde à l’endroit  est le deuxième livre de Ron Rash, avant Serena et après Un pied au paradis, mais en troisième position pour sa traduction en français). Le style, la qualité d’écriture, le lyrisme, tout y est, mais je crois que le choix du sujet : le passage à l’état d’adulte d’un garçon à la recherche de sa personnalité et de son identité, ne m’a pas autant accroché que le drame paysan de Un pied au paradis ou les personnages de Serena. Une petite déception pour moi, bien que ce roman reste d’une bonne facture et soit tout à fait recommandable.

"Même sans avoir jamais entendu la chanson, Leonard aurait su que c'était Cash. Personne d'autre n'avait cette voix-là, à la fois douce et rocailleuse, comme de l'eau coulant sur du gravier."

Johnny Cash – I Still Miss Someone

Ma note : (4 / 5)

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2 réponses à Le monde à l’endroit – Ron Rash

  1. bonjour !

    Voilà un des meilleurs romans de la rentrée littéraire 2012 . c'est vrai qu'il est parfois difficile de classer certains romans . Toujours est il que le lecteur de polar que je suis adore aussi ce genre de littérature ! Vivement le prochain !! Amitiés

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