Le garçon dans la neige – M.J. McGrath

Par Raymond Pédoussaut

le-garcon-dans-la-neigeDate de publication originale : 2012 (The Boy in the Snow) McGrath
Date de publication française : 2013 (Presses de la Cité)
Genres : Enquête – Thriller
Personnage principal : Edie Kiglatuk jeune femme inuite

L’Iditaroad est la plus grande course de chiens de traîneau du monde. Deux semaines  pour parcourir 1800 kilomètres : d’Anchorage à Nome en Alaska, en traversant des chaînes de montagnes, des champs de glace, des étendues rocailleuses et la banquise mouvante. Edie Kiglatuk est venue de d’Autisaq dans l’Extrême-Arctique canadien jusqu’en Alaska pour assister son ex-mari, Sammy, qui a toujours rêvé de participer à l’Iditarod et qui cette fois s’est engagé dans cette course mythique. Avant le départ de la course Edie fait une rencontre fascinante avec un ours étrange qui lui apparaît être un ours esprit. L’animal va la guider jusqu’à une maisonnette en bois, décorée de dessins, contenant un bébé mort. Edie va informer la police qui va imputer, un peu trop rapidement, le meurtre à un membre d’une communauté très fermée, vivant dans un endroit reculé, sans contact avec le reste de la population : les legarçondanslaneige-amb-2vieux-croyants. Pendant ce temps Chuck Hillingberg, le maire d’Anchorage, profite de l’audience de l’Iditarod pour faire sa campagne électorale car il vise le poste de gouverneur de l’Alaska. Un meurtre n’est pas bon pour sa propagande électorale, d’autant plus qu’un deuxième bébé va être découvert dans les mêmes conditions que le premier et  l’enquête va amener les policiers à s’intéresser à un chalet que lui et son copain, le commissaire Mackenzie, connaissent bien. Ils vont tout faire pour étouffer l’affaire et coller les meurtres sur le dos des vieux-croyants sensés s’adonner à des pratiques sataniques. Hantée par la vision du bébé congelé dans sa petite maison, Edie Kiglatuk se sent investie d’une mission : révéler la vérité sur la mort des bébés. Elle va contrecarrer les plans des politiciens et des spéculateurs, au péril de sa vie. La vérité, qu’elle finira par dévoiler, sera sordide.

Le cadre de ce roman est insolite pour un polar : l’Alaska couvert de neige et de glace, avec ses forêts profondes. Dans cet univers où la tradition cède peu à peu le pas à la modernité, l’ambition, les arrangements, les magouilles et la communication politique sont les mêmes qu’ailleurs. La spéculation et l’appât du gain aussi. Au détriment de l’écologie et du respect de la nature les bétonneurs imaginent des projets lucratifs.

Edie Kiglatuk est un personnage pittoresque. Elle considère que l’Alaska est une région du sud où il fait chaud ! Ce qu’on y mange, des hamburgers entre autres, ne lui parait pas comestible. Elle préfère la soupe à la viande de phoque ou la nageoire rôtie. C’est une jeune femme imprégnée des croyances ancestrales inuites, elle est sensible aux messages des esprits mais pas pour autant naïve ou facilement impressionnable. Elle fait au contraire preuve de détermination, d’entêtement et prend parfois des initiatives intempestives qui font avancer les choses mais qui se révèlent dangereuses.

Intrigue solide et bien bâtie, cadre original, personnage pittoresque, écriture fluide, sont les qualités qui rendent ce roman très intéressant et agréable à lire. Après la Laponie, dans Le dernier Lapon, c’est l’Alaska qui sert de décor, le polar s’installe aussi dans le froid des terres arctiques.

Extrait :
— Ecoutez, capitaine, je suis née à Autisaq en Terre d’Ellesmere. Un village de soixante-dix âmes. Avant ce voyage, je n’avais quitté Ellesmere que deux fois, une fois pour aller à Iqaluit et la seconde pour aller au Groenland. Je regarde la télé, je suis institutrice, mais dans votre monde, dans le monde d’ici, il fait chaud, il y a de la foule, il y a du bruit, vous mangez des trucs qui n’ont même pas l’air comestibles et j’ai trouvé un bébé mort et ensuite j’ai dû attendre huit heures dans votre couloir. 

Ma note : (4,5 / 5) legarçondanslaneige-amb

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4 réponses à Le garçon dans la neige – M.J. McGrath

  1. Je suis vraiment très heureux que tu ai aimé ce roman !!! je suis bigrement content! J’aime beaucoup cet écrivain qui plante ses histoires dans un décors hors du commun et emprunt de beaucoup d’humanité. Je ne peux que te conseiller vivement de lire son premier livre « Chaleur blanche » qui à mon avis est encore meilleur que celui ci pourtant déjà bon. Amitiés

    • Ray dit :

      Tu peux être satisfait, il y a de quoi ! C’est grâce à ta chronique, sur ton site, que je me suis intéressé à ce bouquin qui est effectivement très bon. Avant ça je ne connaissais pas McGrath. J’ai aussi fait le rapprochement avec « Le dernier Lapon » que j’avais aussi aimé à cause du cadre de neige et de glace. Ces polars qui se déroulent dans des pays complètement différents du notre m’attirent. J’espère qu’un jour je pourrai lire ton article sur « Le dernier Lapon » et que tu me remercieras de te l’avoir conseillé 😉 . Merci, mon ami, de m’avoir procuré ce plaisir.
      Amitiés.

  2. Victoria dit :

    Par pitié dans vos commentaires employez le mot écrivaine ou auteure

    • Ray dit :

      Dans mon article et dans mon commentaire je n’ai employé ni écrivaine ni auteure pas plus que auteur ou écrivain. Je n’ai utilisé aucun de ces mots, au masculin ou au féminin. Mais c’est vrai que « La Petite Souris » a utilisé écrivain pour désigner Mme McGrath, la vilaine ! 🙂 Je n’y peux rien Victoria, je ne maîtrise pas les commentaires qui me sont laissés sur le site. Je les prends tels qu’ils sont, le votre y compris.

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