Ministère Mondial du Climat – Jean-Cédric Michel

Par Raymond Pédoussaut

Date de publication originale :
2021 – Librinova
Genres :
Thriller politique, écologie
Personnages principaux :
les membres d’un groupe d’activistes écologistes

672 grandes entreprises dans le monde ont reçu un message sur une simple feuille de papier. C’est un ultimatum pour diminuer leur empreinte carbone avant 2030, sinon les expéditeurs de la lettre s’en chargeront eux-mêmes. Cette injonction est superbement ignorée jusqu’à ce qu’en Allemagne une centrale électrique fonctionnant au charbon soit stoppée par un ver informatique. Un peu plus tard en France c’est une raffinerie de pétrole qui est contrainte à l’arrêt. Il faut attendre que 4 millions de voitures allemandes tombent simultanément en panne pour que les gouvernements s’inquiètent et commencent à enquêter. Mais l’information est gelée, la population n’est pas tenue informée. Ces actions sont l’œuvre d’un petit groupe de jeunes activistes qui, ne supportant plus le cynisme des grandes entreprises polluantes et l’inertie des gouvernements, ont décidé de passer à l’action et de forcer une transition écologique qui ne s’amorce toujours pas ou de façon trop lente. Ces activistes sont-ils de simples terroristes, comme l’affirment les gouvernements ou des sauveurs de la planète comme le pense une partie de la population notamment les jeunes ?

L’idée principale de l’intrigue est intéressante : puisque rien ne change et que nous allons à la catastrophe écologique, un groupe décide d’obliger gouvernements et pollueurs à agir pour la transition vers les énergies renouvelables. Si l’intention est séduisante, la réalisation n’est pas à la hauteur. Le roman pèche d’abord par un manque flagrant de vraisemblance. Comment admettre qu’un petit groupe de jeunes (4 à 7 personnes) sans gros moyens, sans aucune organisation, des amateurs, réussisse à mettre à genoux les géants de l’industrie et les gouvernements occidentaux ? Le hacker de la bande réussit tout seul et on ne sait comment à bloquer une centrale électrique, une raffinerie et 4 millions de voitures de modèles différents. Tout ça avec son petit ordinateur personnel. Fortiche le jeune ! Et ses copains n’étaient même pas au courant de ses exploits, ils les découvrent sur les chaînes d’information. Le petit génie réussit tout de même à se faire coincer, mais vous ne savez pas comment ? Simplement en signant ses exploits ! En effet chaque hacker a, paraît-il, l’habitude de signer ses actions par un petit code qui l’identifie. Il Faut avouer que c’est ballot quand on est recherché par toutes les polices du monde. Il y a d’autres invraisemblances du même style. Je signale seulement celle concernant les interventions en « chat » (dialogue en direct via internet) d’une certaine Utopia qui se permet d’intervenir à tout moment de façon impromptue sur le PC d’un des meneurs de la bande, comme si elle voyait et entendait tout. Pour des gens qui mènent une action secrète et illégale, ce ne n’est pas très futé. C’est un roman, d’accord, mais même pour une fiction les invraisemblances grossières discréditent quelque peu l’ensemble de l’œuvre, me semble-t-il.

Les personnages sont aussi nombreux que mal définis, on se perd un peu dans la multitude. Beaucoup de bla bla bla, comme dirait Greta, pour finalement peu d’action. Le rythme et la tension sont quasiment absents malgré le sujet. Ajoutons une écriture où fleurissent les phrases bancales qu’il faut relire plusieurs fois pour les comprendre. Le style n’est pas non plus le point fort de ce roman.

Ce Ministère Mondial du Climat est médiocre du point de vue littéraire, restent le message pertinent en pleine actualité, l’engagement et les idées respectables d’un auteur convaincu qu’il faut agir d’urgence pour sauver notre planète.

Extrait :
— Tu connais le message des lettres. La réduction des émissions de 2/3 d’ici 2030 ne se fera pas. Malgré tout le cinéma, des vraies bonnes volontés, les grèves, les Greta, tout. Donc, il faut le provoquer. Soit consensuellement, soit brutalement. Comme elles n’en donnent pas actuellement, nous voulons que les entreprises donnent des gages. Sinon, nous réduirons nous-mêmes leurs émissions. On veut donner le signal qu’on ne plaisante pas, qu’on a les moyens de le faire.

Niveau de satisfaction :
3 out of 5 stars (3 / 5)

 

 

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