Le séminaire des assassins – Petros Markaris

Par Michel Dufour

Date de publication originale : 2018 (Seminaria fonikis grafis)
Date de publication française : 2020 (Seuil, Cadre noir)
Traduction : Michel Volkovitch
Genre : Enquête
Personnage principal :
Kostas Charitos, commissaire à Athènes

J’avais bien aimé, il y a cinq ans, Liquidation à la grecque et Le justicier d’Athènes. Sensible aux injustices créées par la crise économique que vivait alors la Grèce, amplifiées par le régime politique autoritaire et par un écart démesuré entre les riches et les pauvres, Markaris se livrait à une féroce critique de sa société. Son personnage principal, le commissaire Kostas Charitos, s’en prenait d’abord à un tueur qui prenait plaisir à décapiter des caïds de la finance, puis à un justicier qui menaçait les fraudeurs de l’État, qui dissimulaient leurs revenus et s’arrangeaient pour ne pas payer d’impôts. En conséquence, les coffres de l’État se remplissaient et la population espérait que Charitos ne se presse pas trop pour arrêter les coupables.

Dans Le séminaire des assassins, des professeurs d’université qui choisissent de faire carrière en politique (quitte à revenir à l’enseignement) se font assassiner. Chaque meurtre est accompagné d’un tract dans lequel on leur reproche leur opportunisme, le non-respect de leurs étudiants, et le mépris de ce haut lieu du savoir que devrait être l’Université.

Le Premier ministre craint qu’il s’agisse d’attentats terroristes. L’équipe de Charitos interroge les collègues des profs et les étudiants. Des bribes d’informations s’accumulent. Les personnages se multiplient. Les enquêteurs repartent dans plusieurs directions. Puis, on revient au bureau, on trie, on discute et on repart. Pour ne pas trop lasser le lecteur, les scènes d’interrogatoire alternent avec la vie de famille de Charitos et de leurs nouvelles amies. On placote, on mange et on interroge le commissaire sur les avancées de l’enquête. Chaque victime remet en question les hypothèses jusqu’à ce qu’un beau hasard permette de soupçonner et de surveiller de près quelques personnes suspectes. Elles sont appréhendées et, bientôt, elles avouent.

Le séminaire des assassins ne bénéficie pas d’une astuce semblable à celles des deux romans que j’ai mentionnés. L’enquête est plus ordinaire. C’est le travail de la police au jour le jour. Et la vie de famille des Charitos n’est pas particulièrement excitante. Le mobile des meurtres est très quelconque. Le commissaire, fatigué et paternaliste, n’est pas très attachant.

Bref, ce n’est pas drôle la vie à Athènes.

Extrait :
Le professeur Stelios Kostopoulos, ancien ministre de l’économie, est mort. Nous ne châtions pas seulement ceux qui ont quitté l’université pour devenir ministres, mais ceux qui considèrent l’université comme leur propriété, où ils peuvent revenir après leurs vacances passées dans un ministère. C’était le cas de Stelios Kostopoulos. L’université n’est pas un domicile permanent, ce n’est pas non plus un moulin où l’on entre et dont on sort à volonté.
Sa mort est dédiée à la mémoire du professeur Xénophon Zolotas. Il a servi la science à l’université Aristote de Thessalonique, puis à l’université Capodistria d’Athènes, par son œuvre scientifique d’une grande richesse. Il a acquis une renommée internationale. Chassé par la dictature militaire en 1968, il n’est pas revenu. Louange à sa mémoire.

Université nationale d’Athènes

Niveau de satisfaction :
3.5 out of 5 stars (3,5 / 5)

 

 

 

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