Irrécupérables – André Marois

Par Michel Dufour

Date de publication originale : 2021 (Héliotrope)
Genre :
Thriller
Personnage principal :
sergent-détective Steve Mazenc

On retrouve ici des personnages déjà vus dans Bienvenue à Meurtreville, deux ans auparavant, mais les deux histoires sont indépendantes. Le sergent-détective Mazenc connaît mieux la région et s’est trouvé un chalet pas loin de Mandeville dans Lanaudière. Le conseiller Chevalet est maintenant à la retraite mais n’hésite pas à intervenir pour mettre un peu d’ordre dans la communauté.

Mazenc est incommodé par le fait de trouver presque tous les jours une canette de boisson énergisante sur le bord de son terrain. Il décide de trouver le pollueur et de le sermonner. Sans se douter qu’il s’embarque ainsi dans une aventure qui le dépasse de beaucoup.

Le policier, ayant fait analyser les empreintes laissées sur la canette, apprend que ce sont celles de Richard Lenoir qui est le principal suspect dans le Massacre des Innocents de la Côte-Nord, en fuite depuis un an, recherché pour avoir tué sa femme, sa fille et son gars. Mazenc s’arrange pour rencontrer Lenoir sans révéler son identité. Ce dernier lui donne un coup de main pour fendre et corder son bois. Après son départ, un gaillard au crâne rasé, apparemment drogué, menace Mazenc de son pistolet. Il lui attache les mains et cherche à le faire entrer dans son véhicule. Mais deux coups de feu l’incitent plutôt à s’enfuir : c’est Lenoir qui est revenu. Le policier est tout mêlé : qui est ce gorille qui l’accuse de lui avoir gâché la vie ? Et comment ce type plutôt cool qu’est Lenoir pourrait avoir tué sa femme et ses enfants ? Il semble d’ailleurs que la vie de Lenoir soit en danger; ce pour quoi il se réfugie chez Steve.

Une deuxième partie, Un an plus tôt sur la Côte-Nord, nous ramène en arrière : Lenoir raconte ce qui s’est passé et qui a mené au meurtre des membres de sa famille. On comprend pourquoi il est recherché par la police mais aussi par des tueurs implacables.

De retour à Mandeville, chez Steve. Lenoir vient de finir de raconter son histoire. Tout à coup, les deux hommes sont pris au piège et des AK-47 criblent de balles la maison. D’abord, Dupras (le gars au crâne rasé) et un compère tirent sans discontinuer. Puis, les gars du Nord et le sergent Vigneault arrivent à leur tour. La police et Chevalet surviennent; les frères Lalancette également. C’est la nuit, les spots de la maison sont détruits, on n’y voit guère et les tirs viennent de partout. Bref, pour Steve, c’est le bordel !

S’il parvient à s’en tirer, Mazenc devra résoudre bien des problèmes. Comment expliquer tout ça à ses supérieurs et que faire de Lenoir ?

Marois a le don de raconter de bonnes histoires. Ici, le tempo est remarquable : au début, on met les pièces en place; puis, un intermezzo éclaire les paramètres de la situation; enfin, c’est un final endiablé où il n’est pas certain qu’une chatte retrouverait ses petits.

Bien joué.

Extrait :
– Le plan, c’est d’attendre qu’il fasse jour.
– Ça, c’est ton plan. Moi, j’en ai un autre.
Steve s’apprêtait à le menacer avec son Glock, mais il y renonça aussitôt. Richard le dévisagea froidement. Il marcha jusqu’à la fenêtre explosée par les tirs, puis bondit dehors tête la première : culbute avant, redressement rapide et course vers le boisé voisin. Les tirs d’AK-47 réveillèrent ceux qui s’étaient assoupis, bientôt suivis de détonations de fusils de chasse, puis d’un pistolet du côté police. Le tonnerre dura quelques secondes et le calme revint, presque irréel  (…)
Steve descendit au sous-sol. Il arma son Glock, déverrouilla la porte et l’ouvrit lentement. L’accès débouchait côté rivière, sous la galerie.
Il sortit, le doigt sur le pontet, se colla aussitôt au mur de bois rond, inspecta les abords. Ses yeux s’étaient habitués à l’obscurité. Les formes les plus sombres des arbres et du BBQ se détachaient faiblement (…)
Encore deux heures avant que le soleil ne se lève. On peut en faire, des conneries, pendant tout ce temps.
Mazenc recula et buta soudain contre quelque chose. Contre quelqu’un, en fait. Le canon d’une arme s’enfonça dans son dos.

Le traversier Bella Desgagnés

Niveau de satisfaction :
4.1 out of 5 stars (4,1 / 5)

 

 

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