Top Réalité – Donald Westlake

Par Michel Dufour

Date de publication originale : 2009 (Get Real)
Date de publication française : 2014 (Payot et Rivage) – 2017 (Poche)
Traduction : Pierre Bondil
Genres : Noir et humour
Personnage principal : John Dortmunder, voleur professionnel

J’avais bien aimé Divine Providence (1967) qui a véritablement lancé la carrière d’écrivain de Westlake. Je m’étais promis d’en lire d’autres et je suis tombé, par hasard, sur son dernier roman Top Réalité, qui fait partie de la série du voleur professionnel John Dortmunder (16 romans).

On demande à John et à son groupe d’opérer un cambriolage qui serait filmé en direct pour une émission de téléréalité. Leur protection serait assurée (les caméras, par exemple, ne montreraient pas leur visage), leur anonymat protégé et leur salaire satisfaisant. Expérience peu habituelle pour le gang de Dortmunder qui décide d’accepter de jouer le jeu, après avoir envisagé de commettre un vol encore plus substantiel dans les locaux de l’immeuble où se passent les répétitions et où le vol officiel doit avoir lieu. La préparation de l’émission (et du cambriolage) est traitée avec beaucoup d’ironie. Les cambrioleurs ont du plaisir à jouer leur propre personnage. L’équipe de production surmonte la plupart des difficultés rencontrées. Mais, d’une journée à l’autre, on sent que ça peut mal tourner.

Le thème est original. Le grand nombre de personnages empêche une description adéquate de chacun; à la limite, ça frôle un peu la caricature. Le roman est pourtant long, mais c’est à cause des parenthèses introduites par l’auteur probablement pour dramatiser l’intrigue qui reste, toutefois, plutôt mince. La critique de la production d’une téléréalité occupe la place principale de l’histoire, mais cette thématique me semble dépassée.

Sympathique, malgré tout.

Extrait :
Elle ne pensait pas qu’ils étaient vraiment sérieux. C’était sa troisième participation à une émission de téléréalité et, dans son expérience, rien de ce qui se passait dans la réalité n’était sérieux. Elle avait figuré au nombre des participants dans Montez votre propre salon de beauté et des survivants dans Le Défi le plus dingue de l’année !, elle aurait été une fiancée sur Le Stand si ce type n’avait pas fini par se révéler aussi déplaisant, et il fallait bien reconnaître qu’aucune de ces séries n’avait été plus sérieuse qu’un premier amour (…)
Ce ‘gang’ n’allait rien voler du tout. C’était juste une bande de types qui pouvaient passer pour des braqueurs de banques dans un film de série B, mais ça s’arrêtait là. Il n’y avait qu’à regarder la diversité des membres qui constituaient le ‘gang’ : c’était ça qui les trahissait. Tous ces personnages choisis parce qu’ils avaient le physique de l’emploi, l’horrible monstre pour ‘la force bestiale’, le malin avec son baratin, le cerveau lugubre, le chauffeur susceptible et le petit jeune innocent, ce dernier afin que les téléspectateurs puissent s’identifier à lui tout du long. Tout excepté un Noir, ce qui signifiait peut-être qu’on n’était plus obligé d’en mettre un systématiquement.

Niveau de satisfaction :
3 out of 5 stars (3 / 5)

 

 

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