La faiseuse d’anges – Sandrine Destombes

Par Michel Dufour

Date de publication originale : 2020 (Hugo, Poche)
Genres :
Enquête, thriller
Personnage principal :
Maxime Tellier, commissaire à Paris

Enquête ? Thriller ? Pas facile de classer les romans de Sandrine Destombes. En France, des femmes de 40 à 50 ans sont assassinées (on pourrait dire massacrées, parce qu’elles n’ont plus de visage, ni d’organes génitaux), particulièrement en Normandie. Une cellule de crise a été créée à Lisieux, gérée par le capitaine Vincent Gouvier. Maxime (Max) et son équipe y participent : Jeanne l’expérimentée, Thomas le jeune, José le franc-tireur et Paul, efficace, car il sait écouter. Max est soutenue par son vieux mentor, Enzo, et par un psychiatre profileur, le docteur Landberg.

Et, comme si l’enquête sur les cinq femmes assassinées n’était pas suffisante, Max doit aussi trouver le meurtrier de Catherine Louvier, la ‘dame aux camélias’. Et elle demeure hantée par la mort de sa mère, il y a trente ans, dont elle a été plus ou moins témoin, sa mémoire de l’événement étant en grande partie effacée.

Il s’agit moins d’un roman de détection (impossible pour le lecteur de jouer avec l’enquêteur pour déduire l’assassin à partir des indices) que d’une description plutôt réaliste du travail policier au quotidien. La structure elle-même ne ressemble pas à une sorte de crescendo qui aboutirait à LA révélation : une fois que le tueur des femmes massacrées est découvert (ou se découvre lui-même), la vie continue.  Maxime offre à l’épouse de Gouvier une piste pour qu’elle retrouve ses parents biologiques. Enfin, et on s’en doute un peu, Maxime retrouve celui qui a tué sa mère et apprend le rôle qu’Enzo a joué dans toute cette histoire.

J’aurais tendance à classer ce roman dans la catégorie des polars psychologiques : l’enquête n’est pas tellement spectaculaire, la détective n’est pas très attachante parce qu’elle est traumatisée par le drame qu’elle a vécu et les cauchemars qui la hantent. C’est moins le dévoilement progressif du meurtrier des femmes massacrées qui guide le récit que le règlement successif des problèmes qui étouffent la personnalité de Maxime. En ce sens, la description d’une femme marquée par une fêlure post-traumatique est bien réalisée : son refus des relations rapprochées, son besoin d’être seule et de régler elle-même ses problèmes, la méfiance (parfois même l’agressivité) qu’elle éprouve vis-à-vis de son psychiatre, même l’admiration qu’elle éprouve pour Enzo (car, si l’admiration rapproche, elle ne tient pas moins l’autre à distance), bref, c’est la transformation par étape d’une telle personnalité qui constitue l’essentiel du récit.

Extrait :
Max avait mis un temps fou à se sentir bien dans sa peau. Elle avait toujours eu peur du jugement des autres, peur de décevoir, d’en faire trop ou pas assez. Elle se persuadait de ne pas être assez forte, pas assez vive, pas assez tout. Enzo avait tenté d’y remédier. Il n’avait eu de cesse de lui répéter à quel point il la trouvait exceptionnelle, à quel point il était fier d’elle, mais cela n’avait jamais suffi. Ce n’est qu’en devenant commissaire que Max avait commencé à croire un tant soit peu en elle. Moins de choses à prouver, peut-être. Moins de temps pour s’interroger sur elle-même, sûrement.

Basilique de Lisieux

Niveau de satisfaction :
3.3 out of 5 stars (3,3 / 5)

 

 

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